Le chef-d’œuvre militaire de Sanmicheli devient, dans la fiction, le lieu du jugement final de la Sérénissime.

En 1543, Michele Sanmicheli reçut la mission de concevoir le Forte Sant’Andrea à l’entrée du Lido, dans le cadre du système défensif de la lagune. Les travaux principaux se poursuivirent jusqu’à la fin des années 1540. Les positions d’artillerie, très proches du niveau de l’eau, étaient pensées pour contrôler l’accès maritime à Venise.
Le fort ouvrit le feu contre un navire ennemi le 20 avril 1797, lors de l’affaire du Libérateur d’Italie. Giacomo Casanova y avait aussi été confiné en 1743. Ce n’était pas une prison institutionnelle ordinaire, mais le lieu pouvait servir à des mesures de sûreté et à l’isolement de personnes jugées problématiques.
Dans La Resa dei Conti nel Giardino della Serenissima, le Forte Sant’Andrea devient le repaire de l’Homme Masqué et le théâtre d’un faux tribunal. Le Doge est prisonnier, la Dogaressa a été tuée et l’usurpateur invente pour lui-même le titre de «Protecteur de la Sérénissime», étranger aux institutions réelles de la République.
Isabella Cortese, Pompilio di Porcia, Munir, Jabari et Paolo Sarpi se dirigent alors vers le fort pour l’affrontement final. La forteresse construite pour protéger Venise de l’ennemi extérieur devient, dans le roman, le lieu où l’ennemi se trouve déjà à l’intérieur.
Treccani, Michele Sanmicheli; Treccani, Giacomo Casanova; Venezia Unica / Arte.it